Le hall d'entrée et l'escalier

Le hall d’entrée possède une grande importance dans la distribution des pièces d’un hôtel particulier : première pièce, il se doit de marquer la magnificence des lieux.
C’est en effet dans le vestibule que, selon des récits, un laquais déguisé à l’oriental attendait les invités lors des réceptions organisées par les Bruny.

Deux imposants atlantes arc-boutés semblant soutenir l’hôtel, dominent le hall. Ils sont l’œuvre des sculpteurs Honoré Gastaud et Esprit Routier. Le premier atlante regarde en direction de l’entrée avec un visage jeune qui semble accueillir les visiteurs. À l’opposé, le deuxième regarde vers la montée de l’escalier avec un visage plus marqué par le temps : il s’agit ici d’une allégorie du temps qui passe. Les deux sculptures ont vraisemblablement été modelées autour d’une âme en bois recouverte d’un plâtre grossier, puis la peau modelée avec un plâtre plus fin. Entre les deux géants, un mascaron porte les armes des Bruny : on y retrouve le cerf, représenté aussi dans les ferronneries du balcon.

Dans l’angle, une fontaine intérieure typique des hôtels particuliers aixois, affirme la richesse et le luxe de l’hôtel dans une région où l’eau est un bien rare et précieux. Elle est composée d’une vasque en marbre sombre surmontée d’un vase décoratif. Son emplacement à l’entrée de la bâtisse, lieu de passage par excellence, rappelle également son aspect utilitaire.

Le vestibule est de largeur identique à la cage d’escalier, ce dernier dessert deux étages sur trois volées. L’escalier de l’Hôtel de Caumont est l’un des premiers éléments classés en 1925 et à juste titre : le dessin de la façade par Robert de Cotte laisse apercevoir par le porche d’entrée le début de cet escalier d’apparat, il est ainsi considéré dès sa création comme un élément décoratif de premier ordre, visible même depuis l’extérieur de la bâtisse. Il occupe l’axe central du bâtiment et la montée se fait par la gauche, ce qui ne correspond pas aux règles d’architecture qui la veulent à droite.
L’élégante ferronnerie de l’escalier, œuvre du serrurier Raynaud, est composée de volutes de feuilles d’acanthe où se distinguent les « R » imbriqués de la famille Rolland de Réauville.